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Association Française pour le Rayonnement du Théâtre du Château de Drottningholm

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L'histoire du Théâtre du Château de Drottningholm 03/2009

Château de Drottningholm - gravure d'Erik Dahlberg 1694 (Collection Académie Desprez - Fonds Gilbert Blin)Un premier château fut bâti à Drottningholm dès le XVIème siècle par le roi Johan III, afin d’offrir une résidence convenable à sa femme, Katerina Jagellonika, mais le feu détruisit ce bâtiment en 1661. La situation de Drottningholm - ou Île de la Reine - avait cependant gagné les faveurs de la Cour, et le lieu offrait une résidence idéale, proche de la capitale, Stockholm ; de plus, après la guerre qui déchira la première moitié du XVIIème siècle, la Suède avait atteint le rang de puissance européenne. Aussi la Reine Douairière commanda-t-elle un nouveau palais dont la construction commença en 1662. Le style, qui devait accentuer la position influente que la Suède avait désormais acquise, reste un des exemples les plus fins du baroque de la deuxième moitié du XVIIème siècle. Il fut créé par Nicodème Tessin l’Aîné, puis par son fils Le Jeune, tous deux fortement influencés par le style français de l'époque.

Au XVIIIème siècle, le château demeura longtemps une retraite appréciée. Ce fut l'influence d'une mère et de son fils qui propulsa Drottningholm au centre de la vie culturelle, et, pour la Suède, en fit le point de convergence de l'art et des sciences.

En 1744, Louise-Ulrique de Prusse épousait l'héritier suédois Adolphe-Frédéric, et recevait le Château comme présent de mariage. La future reine entreprit de transformer la résidence royale, avec la création d'une admirable bibliothèque, le dessin d'un jardin formel à la française et, plus illustre encore, le bâtiment du Théâtre de Cour du Château de Drottningholm.

Le Théâtre, conçu par Carl Fredrik Adelcrantz, ouvrit en 1766. De même que le Château, il était bâti sur les ruines d'un précédent bâtiment, également détruit par le feu. Les matériaux employés étaient simples, mais créaient néanmoins une illusion de splendeur et de profondeur, conforme aux canons des arts de la scène à cette époque. Ici encore fut employé le style français dit de Rocaille. Des extensions furent réalisées en 1791 par Louis-Jean Desprez, incluant les appartements royaux et le Salon pour les festins et les ballets, un foyer appelé aujourd'hui Déjeuner Salon.

La scène était entièrement équipée de machineries et de moyens techniques alors considérés comme le nec plus ultra. La machinerie reste aujourd'hui encore en état de fonctionnement et représente un témoignage de l'artisanat déployé alors ; les mécanismes de scène incluent trappes, voitures de nuage et machines à vent et à tonnerre. Quinze des ensembles originaux de décors de cette époque ont été conservés. Ces ensembles, et vingt autres incomplets, ont été copiés et sont aujourd'hui utilisés lors de productions d'opéra.

Gustave III - Gravure de A.V. Berndes d'après C.F. von Brenda (Collection Académie Desprez - Fonds Gilbert Blin)L'influence de la Reine Louise-Ulrique et de son fils, Gustave III, fut immense. La Reine s’entoura des plus importants intellectuels de son temps, parmi lesquels Linnée ; tout en étant patron des arts et mécène, Louise prenait également part à des productions amateur au Château. Elle transmit cette passion pour les Lumières à Gustave qui monta sur le trône suédois en 1771. Il cultiva cet intérêt, voyagea fréquemment, mû par son amour pour le théâtre et la musique. Ses voyages le conduirent en France, où il assista et même participa à des productions. Incidemment, il était à Paris lorsqu'il appris qu'il était roi. Ces liens culturels se renforcèrent davantage encore quand une troupe française d'acteurs vint à Drottningholm jouer pour le Roi.

Ce développement culturel, placé sous de royales protections, s’étendait à toute l'Europe, et la Suède, sous la conduite de Gustave, ne fut pas en reste. Outre les œuvres dramatiques suédoises et françaises, les ouvrages de Gluck, Grétry et Piccini étaient jouées à Drottningholm. L’Europe connut un apogée, un âge d'or de la culture avant d’être encore une fois plongée dans la révolution et la guerre. En 1792, le Roi Gustave fut assassiné lors d’un complot fomenté par une noblesse hostile, et avec sa mort le Théâtre de Drottningholm tomba peu à peu en désuétude.

Pendant plus d’un siècle, le théâtre resta ignoré et employé essentiellement comme entrepôt ; il ne rouvrit qu’en 1922, sous la direction de l'historien Agne Beijer. Certaines adaptations furent faites au XXème siècle, telle l’installation de l'électricité, mais le Théâtre et son contenu restèrent largement intacts et fidèles aux exigences et au style original du XVIIIème siècle. Avec cette renaissance vint la formation d'un musée suédois du théâtre.

Depuis, de nouvelles productions et interprétations de concert d’ouvrages de l’époque ont été présentées lors de chaque saison estivale et ce, même lors des années les plus sombres de la deuxième guerre mondiale. Ces efforts artistiques ont été soutenus et nourris par l'Association des Amis de Drottningholm, fondée en 1935, puis par une Fondation consacrée au maintien de l'esprit du Théâtre. Cette forme de gestion a fonctionné fructueusement, en développant un répertoire fort d’opéras du XVIIIème siècle, soutenu par un public fidèle. Enfin, dans les années 1970, les progrès accomplis en termes de style d’interprétation ont permis d’exploiter réellement les mérites et les qualités de ce théâtre unique.

En 1980, le chef d’orchestre Arnold Östman fut nommé Directeur Artistique de Drottningholm. S'appuyant sur l'identité historique du Théâtre et la nourrissant de son énergie artistique personnelle, Östman eut recours à l'enregistrement pour rendre les productions - particulièrement de Mozart - plus accessibles à de nouveaux publics à travers le monde ; un exemple parfait de technologie du XXème siècle travaillant en harmonie avec un art du XVIIIème. De 1993 à 1996, la direction artistique fut confiée à la soprano Elisabeth Söderström. Un de ses principaux apports fut de mettre l'accent sur des compositeurs contemporains de Mozart, moins connus, comme Martín y Soler et Philidor. De 1997 à 2006, Per-Erik Öhrn, chanteur, acteur, metteur en scène et professeur d'université, dirigea la programmation du festival du Théâtre. Il y introduisit la musique ancienne avec des oeuvres de Rossi et Peri, en parallèle de commandes  de nouveaux opéras suédois. Durant cette dernière décennie, le Théâtre a également retrouvé une renommée internationale avec des productions d'opéras de Haendel et de Rameau. Certaines des productions du Théâtre sont maintenant disponibles sous forme d’enregistrements audio et vidéo/DVD.

 

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